Née.


↓ Textes critiques

Estelle Chrétien est une artiste qui aime se lancer des défis. Pour chaque nouvelle production, elle s'approprie une technique qui l'oblige à passer par une phase d'apprentissage. Cette dernière fait alors partie intégrante de sa pratique. En effet, elle considère la transmission des savoir-faire comme un mode de communication entre les générations et les classes sociales, un moyen de préserver une mémoire culturelle collective. Bon nombre de ses pièces sont tournées vers le monde rural, sur lequel elle pose un regard poétique et plein de douceur. C'est le cas de son installation Ficelle agricole bleue, un ouvrage en crochet qui vient recouvrir et sublimer une botte de paille. D'une grande élégance, l'œuvre est le fruit d'un travail long et fastidieux. Estelle Chrétien utilise une ficelle épaisse, semi-plastifiée, rêche et difficile à manipuler. Le geste de l'artiste se transforme en labeur, exécuté de manière disciplinée et répétitive pendant plus d'un mois. Empreinte d'une douce absurdité, sa pièce confronte des occupations antinomiques selon l'imaginaire collectif, interrogeant les limites entre travail et loisir, plaisir et labeur, tâches considérées comme masculines ou féminines, geste manuel et exécution mécanique, entre art et artisanat.

Isabelle Henrion, Commissaire de l'exposition Il faut imaginer Sisyphe heureux, 2015


Earthwork Artist Makes Whimsical Installations by Learning as She Goes, article by Andrew Salomone for The Creators Project, oct. 2016


↓ Collaborateurs-trices

Frédérique Bertrand, Malik Boukricha, Miguel Costa, Sophie Lécuyer